Crispin, comédie d'Alain-René Lesage

Création de la Troupe Les Aix-Altés, juin 2016

 

Résumé :

Une comédie en un acte dans laquelle Crispin se fait le rival de son maître afin de courtiser une jeune fille dont il compte empocher la dot à sa place.

Personnage de l’ancienne comédie italienne apparu pour la première fois dans la pièce de Paul Scarron L’Écolier de Salamanque, Crispin est de la famille de Scaramouche . Vêtu de noir et chaussé de bottes, il porte suspendue à sa large ceinture de buffle une longue rapière. C’est tantôt un maître fourbe, tantôt un valet rusé, âpre au gain, de la veine de Scapin Scapin et de Gros-René , dévoué et flatteur, suivant les gages, et par surcroît escroc et fourbe.

 

L'auteur : Alain-René LESAGE(1668-1747)

Romancier et auteur dramatique français, surtout connu pour être l'auteur du roman picaresque Histoire de Gil Blas de Santillane.

Dans ses années d’obscurité, probablement très fécondes en observations morales, Lesage rencontra un protecteur et un guide en l'abbé de Lyonne qui, non seulement, lui assura une pension de 600 livres par an, mais l’initia aux œuvres de la littérature espagnole. Il traduisit plusieurs pièces et put faire jouer le Point d’honneur, une comédie traduite de Rojas, mais cette pièce espagnole ne réussit pas. Lesage en donna une autre au Théâtre-Français , Don César Ursin, traduite de Calderon, qui n’eut pas plus de succès (1707).

L’Espagne, jusque-là, ne portait pas bonheur à Lesage. C’est en faisant une œuvre originale, avec sa petite comédie en un acte et en prose de Crispin rival de son maître (1707), qui fut souvent réimprimée et ne quitta jamais le répertoire, que Lesage rompit sa mauvaise chance. Le grand succès de cette pièce est dû à la vérité de l’observation, à la vivacité et à la franchise de l’esprit, ainsi qu'à sa gaieté naturelle et de bon aloi.

La même année, Lesage s’annonce comme romancier de premier ordre dans le Diable boiteux (1707) où le héros se fait transporter par le diable sur le toit de chaque maison, pour voir ce qui s’y passe et avoir l’occasion de conter une aventure sans liaison avec ce qui précède ni avec ce qui suit. Le succès du Diable boiteux, qui fut considérable, acheva enfin de distinguer le nom de Lesage de la foule des écrivains.

Lesage n’avait pas encore donné toute sa mesure comme romancier. Avant de le faire dans Gil Blas, il atteignit, comme auteur dramatique, par sa comédie de Turcaret ou le Financier, une hauteur que ni ses débuts ni la nature aimable de son talent ou l’indulgence de son caractère ne faisaient pressentir. L’auteur se montra, dans cette pièce, le digne élève de Molière et Turcaret est peut-être l’œuvre qui se rapproche le plus des grandes créations de ce dernier. Cette pièce, qui est presque le pendant de Tartuffe, est une satire âpre et vigoureuse de la platitude naturelle et des vices d’emprunt du parvenu de la fortune, dépourvu d’éducation. On a reproché à Lesage d’avoir mis en scène des mœurs aussi mauvaises, mais c’est l’essence de la comédie de peindre les mauvaises mœurs sociales, celles qui ont besoin d’être corrigées.

L’ouvrage capital de Lesage ne devait pas cependant appartenir au genre dramatique, mais au roman : c’est l’Histoire de Gil Blas de Santillane (1715-1735), que l’on a considéré comme le chef-d’œuvre du roman de mœurs en France. Comme le Diable boiteux, Gil Blas n’a, au fond, d’autre objet que le tableau de la société et des mœurs, mais le cadre en est à la fois plus simple et plus vaste. Le héros a des aventures nombreuses et bizarres. Il part d’aussi bas que possible et s’élève au plus haut point. Il passe par les situations sociales les plus diverses, et connaît à plusieurs reprises les revers et les retours de la fortune.